Acheter les albums, les T.shirts...
     
   
 

un pas d'côté...




Un pas d'côté
(12 titres / nov 2006)

 
 
> critiques "Un pas d'côté..."

1 : Que m’arrive-t-il ?
(E. Lemaire / Eric Lemaire)

Tiens, que m’arrive-t-il ce matin ?
Y’a du soleil au bout d’mes mains.
Oubliés pour un temps
Les passages souterrains,
Passagers d’un rêve clandestin.
Vague déchaînée dans les tourments,
Etrangement calme, les jours suivants.

Tiens, que m’arrive-t-il ce matin ?
Demi-sommeil au creux d’tes reins,
Bien à l’abri de leurs soucis.
Sens interdits sentencieux,
Le tout pouvoir yeux dans les cieux,
Un encensoir pour les envieux.
Etrangement vides, les prétentieux.

Refrain
Que m’arrive-t-il ce matin ?
Pas moyen d’sortir de l’enfer du décor.
Pas vraiment solitaire,
Mais j’sais qu’si j’m’aventure dehors,
Croiser tous ces conquistadors
Prêts à tout pour leur médaille d’or :
Pisser plus loin, parler plus fort,
Pour une épitaphe plus conforme.
Toute leur vie pour un post-scriptum :
N’oubliez pas mon passage
Chez les hommes.

Tiens, que m’arrive-t-il ce matin ?
Une nuit de veille, mais faudra bien
Sortir un jour, comme si de rien.
Ton sourire battu d’avance,
Ne pas en vouloir à la science.
Une vie coincée entre deux délivrances.
Etrangement simple, une existence.

Refrain

Tiens, que m’arrive-t-il ce matin ?
Une belle journée, mais t’en sais rien.
Accord tacite, classé sans suite.
Ni dieu, ni maître, ni croyance,
J’peux même pas t’souhaiter “bonne chance”.
Un autre monde, quelle importance ?
Etrange mensonge pour une absence.

Tiens, que m’arrive-t-il ce matin ?
La vie s’enraye et j’y peux rien

2 : Une ville
(E. Lemaire / E. Lemaire)

Une ville s’illumine,
Maquillage de vitrine.
Ses attraits, ses atours,
Tours vitrées pour les mauvais jours.
Un détour, ses artères
Bouillonnantes de naufrages volontaires.
Un asile ancillaire
Pour s’passer les nerfs de l’amer.

Elle croise ses longues avenues,
Se farde des insomnies de la rue.
Elle croise ses longues avenues,
Pare ses trottoirs
Des plus beaux attributs.

Une ville s’éparpille,
Ses dessous sans décence
Sont salis. Un murmure,
Plus d’censure,
Plus de sang sur les murs.
Elle, taciturne, robe tachée
Par le mépris des plaisirs diurnes.
Un abcès, un excès,
Caniveaux en fosse commune.

Elle croise ses longues avenues,
Se farde des insomnies de la rue.
Elle croise ses longues avenues,
Pare ses trottoirs
Des plus beaux attributs.

Refrain :
Elle recrache ses amants
Derrière le périph’.
Banlieues en antichambre
En attente d’une étreinte
Brûlent du désir ardent
Des amours défuntes.

Une ville hypnotise.
Ville facile en paillettes électrise
L’imprudent perdu dans
Les décombres
De ses recoins sombres.
Elle s’agite, elle palpite
Au gré des soupirants
Qui s’agitent en rêvant
De la quitter à temps.
Elle s’agite, elle palpite,
Ils payent et ils monnayent
Ses faveurs
Pour leur place au soleil.

Elle croise ses longues avenues,
Se farde des insomnies de la rue.
Elle croise ses longues avenues,
Pare ses trottoirs
Et défroisse sa tenue.

Refrain

Une ville se réveille.
Lui coule au coin des yeux
Une ruelle,
Une perle.

 
 
 
   
             
 

3 : Il est elle
(E. Lemaire / S. Pinna, E. Lemaire)

Je la regardais sortir de chez elle,
Toujours l’air d’avoir peur
Des regards autour d’elle.
C’est pas toujours
Ce que l’on voit qu’on aime.
Il était belle quand même.

Elle fermait la porte
Et son coeur à double tour
En frissonnant de se dévoiler
Au grand jour.
C’est pas toujours
Ce que l’on croit qu’on aime.
Il était belle quand même.

Refrain
Un peu maladroite
Sur ses talons aiguilles,
Pas facile d’être une femme
Pour un homme en bas résille.

Au coin de la rue, de ma fenêtre,
Je la voyais hésiter avant de disparaître.
Quel que soit le chemin qui mène à l’hymen,
Il était belle quand même.

Refrain

Elle se démaquillait tout doucement,
Avec le regret de r’devenir comme avant.
C’est pas toujours ce que l’on naît qu’on aime.
Il était belle quand même.



4 : Tentatives évasives
(E. Lemaire / E. Lemaire)

Certains se sont tus par méfiance.
D’autres se sont rendus, à l’évidence.
Au pied du mur, apposer sa signature :
Un paraphe, un parjure.

Certains ont cru à leur malchance.
D’autres se sont vus de l’importance.
Certains convaincus, convertis.
Les autres repus digèrent leur ennui.
Au pied levé, apposer sur ses plaies
Un voile de sagesse :
Cynisme de détresse.

           

Refrain
Tentatives évasives
Pour masquer la dérive.            
Nettoyage par le vide.
Une forme de savoir-vivre              
Jusqu’à c’que mort s’enivre.

Certains ont menti, peu importe.   
Puis se sont servis comme les autres.    
Certains disparus en silence,    
Et sans élégance, ont perdu    
Leur irrévérence.
Qui l’eut cru ?
Au pire aller, apposer les scellés
Sur les marges, les ratures :
Cynisme de parure. 

Refrain

 
 
 
         
 

5 : Le jour et les nuits
(E.Lemaire / E. Lemaire)

Les jours avec, les jours sans
Et les nuits qui prennent plus de temps.
Un baiser d'impatience au service de l'urgence.
Les jours en dilettantes
Et les nuits se montrent consentantes.
Baisers à la volée, tant de bouches à goûter.                                                    
Un jour et puis un autre,
Et les nuits perdent leur nonchalance.
Un baiser migrateur au hasard de la peur.
Un jour et puis un autre,
Et la nuit dévoile son exigence.
Un baiser sans pudeur, délit de connaisseur.

Refrain :
Alors pas de promesses en l'air de rien,
Rendez vous au prochain émoi,
Faudras qu'tu t'débrouilles avec ça,
Pas d'plan d'bataille au p'tit matin,
Les vraies erreurs et les faux pas,
Faudras qu'tu débrouilles avec ça.

Les jours de concession,
La nuit s’en balance de ton absence.
Baiser de protocole, une étoile qui s’étiole.
Les journées se confondent,
Et les nuits n’ont plus guère d’importance.
Un baiser démodé au bas d’un escalier.

Refrain

Un jour pas comme les autres
Et la nuit tente sa dernière chance.
Un baiser sur le front,
Un désir en partance.

Mais un jour qui chasse l’ennui,
Une nuit avec plus rien autour,
Un baiser passager, tant pis,
Pour nos p’tites amours d’un jour.
Un jour qui chasse l’ennui,
Même si c’n’est pas pour toujours,
Un baiser sans rancoeur
Et c’est r’parti
Pour quelques heures.

6 : Je passerai un soir
(E. Lemaire / H. Gasciolli)

Je passerai un soir
Quand j’aurai tout tenté avant d’venir te voir.
Je passerai un soir
Demander d’tes nouvelles à Frida la blonde,
A Jojo, jusque dans sa tombe.

Je passerai un soir
Quand j’aurai tout chanté,
Peut-être bien arrêté d’y croire,
Pour boire à la santé
De l’accessible étoile, aux volcans en éveil
Et aux filles qu’on emmène au bal.

Refrain :
Car moi, quand j’suis amoureux,
Ca dure une valse à deux.
Quand j’suis triste ou en moi,
Y’a l’Jef qui m’sort de là.
Quand j’suis seul, je l’reste pas,
Des amis pleins les bras.

Je passerai un soir
Quand j’aurai tout craché, laissé dans l’urinoir
Dernière bière au comptoir,
Comme on vidange ses plaies dans l’plat pays d’l’histoire
Quand la mer largue les amarres.

Refrain

Je passerai un soir.
Déjà la ville s’endort, un coin de ciel brûlant
Désenchante la mer.
Je passerai plus tard
Avant d’vieillir en dedans, mais ce soir,
Tu m’excuses,
Je fête les vivants.

Refrain

 

 
 
 
         
 

7 : La position verticale
(E. Lemaire / E. Lemaire, S. Pinna)

La position verticale
Est un peu bancale.
Dame, qu’on est bien à plat.

La position verticale,
Du sapiens au néant total.
Allégez vous des états d’âme,
Ça enlève un poids.
On ne peut pas toujours être droit
Plantés dans ses idéals.
Slogans en lettres capitales.
Allongeons nous sans état d’âme.
Qu’on est bien à plat.
On va tous finir comme ça.

Refrain
Alors, accordez un peu de tendresse
A cet homme déçu de lui-même
Si ça n’en vaut pas la peine perdue.
Alors, accordez un sursis,
Accordez un sursis à cet homme déçu
De l’éternité sans lui.

La position verticale
4 millions d’années en cavale
Alter ego sans état d’âme.
Dame, vous êtes déjà là.
Roulement de tambours, dernier effroi.
Du menhir à la cathédrale,
Tant d’hommes debout pour que dalle.
Allongeons nous sans état d’âme.
D’âme, j’n’en vois pas le petit doigt.
On va tous finir comme ça.

Refrain

La position verticale
Est un peu bancale.
Dame, qu’on est bien à plat.

 

8 : Les rêves
(H. Gasciolli, E. Lemaire / H. Gasciolli)

Leurs rêves s’en vont deux par deux
A tire d’aile avant que d’être vieux.
Leurs rêves emportent avec eux
Une part d’être, une dette de « je ».

Refrain
Cloués aux portes des granges,
Ailes écartées, ou alors
Noyés dans les eaux du Gange
Une pirouette et la peur
Se fait discrète.

Sans aucun doute ne leur reste
Quelques ivresses en utopie secrète,
Fiers idéaux bien trop modestes.
On prête aux cieux des prétentions suspectes.

Refrain

Vos rêves s’en vont deux par deux
A tire d’aile avant que d’être heureux.

Refrain

 

 
 
 
         
 

9 : Dans ces moments-là
(E. Lemaire / E. Lemaire)

Dans ces moments là, rien à faire,
Y'a plus qu'à attendre que le temps
Prenne le temps d's'y faire.
Dans ces moments là, rien à penser.
Qui est coupable ou innocent à l'arrivée ? 

Instants indécis aux entrailles offertes,
Pour un ni non ou ni oui, continuer à disparaitre,
Ou s'jeter à l'eau, tout envoyer valdinguer,
Et respirer à nouveau
Sans l'poids des images sur le dos.

Refrain :
C'est à croire
Que je n'suis pas dans la bonne histoire,
C'est à croire que le soleil tient à s'pointer,
Histoire de voir
Comment j'vais faire pour m'en tirer
Avant d'y avoir les deux pieds.

A chaque seconde, chaque geste
Peut modifier tous les moments qu’il nous reste.
Dans ces moments-là,
On peut s’retourner dans tous les sens.
Plus d’issue d’secours, il faut qu’on s’lance.

Amenez à la barre
Tous les frangins d’la maladresse,
De la malchance et de l’ivresse,
J’les invite au feu d’artifice.
Après tout, qu’est-ce qu’on risque ?
Juste de payer les pots cassés,
Mais au tarif où la vie m’les fait,
J’arriverai bien à tout recoller.

Refrain

Et puis, ces moments
Passent quand même.
Avoir raison, être en tort,
Après tout, on n’en est pas mort.
Tant pis pour les égratignures,
Tant pis si tout ça va dans le mur.

Refrain

 

10 : Version officielle
(E. Lemaire / E.Lemaire)

Selon la version officielle,
Plus d’corps à corps, juste des “Je t’aime”,
Sans un frisson à la p’tite semaine,
Pas d’rendez-vous au creux d’une épaule.
Arrêt de palpitant, caracole,
Et un minuscule grain d’beauté,
Une aréole.

Selon la version officielle,
Plus d’poing levé, tous en sommeil.
Plus personne sur les barricades,
Le palpitant en cavalcade
Pour une cause dérisoire
Et un minuscule grain d’sable
Sous la chaussée.

Refrain :
Un écart,
Légère déviance dans la trajectoire,
Un pas d’côté, pas très sûr,
Sans mot d‘ordre,
Ni coutume sur mesure.
Nos désirs font désordre.

Selon la version officielle,
Y’a plus qu’un monde, un sens, un ciel.
Plus d’place pour les glaneurs d’étoiles,
Le palpitant qui s’emballe
Pour la moindre faille dans la citadelle,
Un minuscule grain d’folie,
Une étincelle.

Refrain

 

 
 
 
         
 

11 : L'atelier
(E. Lemaire / E. Lemaire)

Quelques vis rangées
Dans des vieilles boites de Nesquick,
Tournevis rouillé
D'n'avoir jamais rencontré l'électrique,
La sulfureuse visseuse-dévisseuse
A poignée ergonomique.

Tiroirs fabriqués
Avec de vieux barils de lessive Skip,
Collection d’ressorts
Eet de vieux pots d’peintures acryliques.
Les pinceaux trempent et trompent la mort
Dans leur baignoire de White Spirit.

Refrain :
C'était l'atelier des dieux, l'atelier du vieux.
Je m'asseyais dans un coin
Et je regardais ses mains.
C'était l'atelier des dieux, l'atelier du vieux.
Dans l’vieux poste en arrière, un tango argentin.

Morceaux de zinc cloutés
Pour protéger l’établi,
Quelques “playboy” jaunis
De ne plus avoir servi.
Et dans l’air, un parfum
De rouille sédentaire,
Fumée d’gitanes
En mal de mer.

Un tablier pendu derrière la porte d’entrée,
Avec toute une armada de scies mal aiguisées.
On m’a dit qu’il n’a jamais rien réparé.
Assis par terre, j’m’en foutais.

Refrain

 

12 : Bonne manière
(E. Lemaire / H. Gasciolli, E. Lemaire)

Quelle est donc la meilleure manière
De faire bouger son gros derrière
A ce monde poussif et prospère.
Comment faire vaciller d’son piedestal
Le grand capital,
Nombril en guise de morale,
Qui fait la pluie, le beau temps
Dans les pays qui ont d’l’argent.
Naturellement.

Qu’en pensent les gens de pouvoir,
Nains dans l’jardin d’la grande histoire,
Les vers de terre, les terre à terre,
Convaincus d’en être les propriétaires.
Ils disent “C’est pas nos affaires,
On a autre chose à faire
Que d’imaginer un monde
Où on s’rait pas.
Dans celui-là,
On est les rois”.

Qu’en pensent les gens du divin,
Curés, imams ou grands rabbins,
Les messagers, les subalternes
Et qui prennent les messies
Pour des lanternes.
Ils disent “C’est pas notre problème,
Plus y’a d’misère, plus on nous aime,
Et si l’paradis était légal,
La concurrence s’rait déloyale”.

Qu’est-ce que t’en penses ?
Par quoi on commence ?

 

 
 
 
         
     
les pas d'côté